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 Blue Velvet

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Weldar
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MessageSujet: Blue Velvet   Sam 29 Sep - 18:02



Le monde s’ouvre par la découverte, image par image, d’une petite bourgade américaine typique, chaude et chaleureuse sous une atmosphère digne des années 60, chère au réalisateur du film. La caméra de David Lynch s’arrête ensuite sur un vieil homme arrosant son gazon, avant que ce dernier s’écroule de douleur, la chanson "Blue Velvet" se tue progressivement et la musique glaçante d’Angelo Badalamenti retentie, contrastant avec l’ambiance chaude des premières minutes. Au son de la musique, la caméra nous emmène derrière cet homme souffrant pour s’engouffrer sous les touffes d’herbes, telle une jungle sombre et cachée, dévoilant l’activité bruyante générée par de monstrueux insectes.
Le spectateur comprendra très vite que ce prélude est symbolique sur le thème de ce film.


Jeffrey au pays de la perversité.

Jeffrey Beaumont (Kyle MacLachlan) rend visite à son père, tombé gravement malade, à l’hôpital. Sur le chemin du retour, il trouve dans un terrain vague, une oreille humaine en décomposition. Il fait part de sa découverte à un inspecteur de police et il rencontrera sa fille, une amie d’enfance, Sandy (Laura Dern).


Le générique d'ouverture montre une ville de Lumberton douce et chaleureuse. ////// Une découverte macabre...

Intrigué par cette oreille, Jeffrey décide de mener une enquête personnelle avec Sandy. Il cherchera à savoir à qui appartient cette oreille et de comprendre cette sombre histoire.
La découverte de cette oreille, sonnera pour Jeffrey, son arrivée dans un monde sordide remplit d’étrangetés : l’autre visage de sa bourgade Lumberton. Durant son investigation, il rencontrera une chanteuse de cabaret, psychologiquement fragile, Dorothy Vallens (Isabella Rossellini) et un dangereux psychopathe pervers, Frank Booth (Dennis Hopper).

Blue Velvet est un film dérangeant pour la violence sexuelle des images et du portrait d’un personnage étrange et sinistre, Frank Booth.
L’œuvre de Lynch eu tant bien que mal à trouver un distributeur à l’époque et le scénario a dû être modifié plusieurs fois pour paraître "acceptable". Finalement, c’est Dino de Laurentiis , producteur du studio indépendant "De Laurentiis Entertainment Group", qui accepta de financer et de produire le film. Blue Velvet anima les salles en août 1986.


Bienvenue dans le monde étrange de Lumberton, petite ville comme les autres.


Deux détectives en herbe racontant leurs trouvailles. ////// Frank Booth, une personne qu'il ne vaut mieux pas contrarier.

Si Blue Velvet pourrait s’apparenter à un simple polar aux allures "hitchcokiennes" (le voyeurisme de Jeffrey, la scène finale pure moment de tension), le film est pourtant considéré comme l’un des plus personnels de David Lynch.
Un film que Lynch pourrait juger à la fois autobiographique et proche de son style d’antan, le surréalisme.

En effet, cette chronique dans la bourgade Lumberton représente l’enfance du réalisateur. Ces clôtures en bois, les roses dans les jardins, la forêt avec ses bûches et bûcherons… pour Lynch, c’est une image ancrée dans son esprit, une image représentant l’Amérique. De plus, Lynch disait que son personnage de Jeffrey Beaumont le représentait d’une certaine façon. Blue Velvet, c’est aussi une célèbre chanson au titre suggestif, interprété par Bobby Vinton, qui a inspiré le réalisateur cette histoire à la fois romantique, nostalgique et violente.
Surréaliste pour l’ambiance morbide du film incarnée par Booth et sa clique de dérangés, dont on remarquera la présence de Dean Stockwell dans le rôle de Ben. Un travesti tout aussi étrange que Booth, marquant, même si on le voit que dans une scène, mais une scène vraiment culte. Son interprétation en playback de "In Dreams" de Roy Orbison est à la fois fascinante et déroutante.


Jeffrey, un voyeur ? Voilà, une thématique très "hitchcockienne" ! /////// Ben, un acolyte tout aussi sinistre que Frank. "Go to sleep, everything is alright"

Ce monde semblerait fantastique, pourtant ce monde est bien réel.


"Heineken? FUCK THAT SHIT ! Pabst Blue Ribbon !!”

Si le film affiche un certain manichéisme où le détective amateur incarne l’innocence pure amplifiée par sa relation volontairement mièvre avec Sandy et Booth incarnant un torrent de violence et de perversité, Lynch dévoile surtout le parcours de Jeffrey et sa découverte du mal.
Tout d’abord, revenons à cette image des insectes sous le gazon dans le générique d’ouverture, le réalisateur nous livre en fait la métaphore que sous une Amérique lisse et trop propre que le mal existe, caché, mais existant. Jeffrey ne connait pas le mal, ou plutôt ignorait une existence si proche de chez lui. Blue Velvet se présente comme l’initiation du jeune Jeffrey dans le monde des adultes en découvrant le mal.
Si le début du rite d’initiation commença symboliquement par la découverte de cet élément incongru dans le terrain vague, l’oreille en décomposition, c’est surtout sa rencontre avec Dorothy Vallens et Frank Booth qui transformeront Jeffrey Beaumont.

Dorothy est l’objet sexuel de Frank. Caché dans le placard dans la chambre de Dorothy, Jeffrey assistera la première fois au viol de cette femme fragile par le personnage vulgaire de Dennis Hopper. Bien que discutable, cette scène n’en reste pas moins fascinante pour le malaise que dégageait ce rapport brutal entre Vallens et Booth.


Frank se shootant à l’oxygène. La scène du viol est perturbante. ////// Pour devenir un homme, oublie le Heineken !!

L’atmosphère de la pièce nous glace le sang avec le dérangeant Frank Booth qui se shoote avec un masque à gaz dès qu’il est excité sexuellement et qui remue sans cesse des obscénités ("Mommy… Mommy ! Baby wants to fuck !" ) tout en frappant Dorothy dont elle semblerait en prendre plaisir.
Spectateur passif, comme nous, Jeffrey découvrira la cruauté et la perversité à travers le personnage de Frank dans cette scène très malsaine.

De plus, l’évolution de Jeffrey s’écoule en tentant d’aider la femme, il plongera malgré lui dans l’envers du décor en commençant avant tout par le début d’une relation ambiguë et sadomasochiste avec Dorothy. Mais cette plongée en enfer est-ce bien malgré lui, ou par une curiosité perverse de sortir de son quotidien ennuyeux ?

David Lynch réserve à son habitude, un univers énigmatique entouré de détails étranges, tordus et inexpliqués, mais surprenants. L’aveugle qui devine le nombre de doigts qu’affiche Jeffrey, l’obsession de Frank pour la robe de chambre en velours bleu de Dorothy, la tanière de Ben avec ses effrayantes "prostituées" obèses … et je ne vous raconte pas tout, évidemment. L’expérience de Blue Velvet joue véritablement dans son atmosphère qui nous captivera, nous choquera, nous troublera et nous surprendra.


La relation ambiguë entre Jeffrey et Dorothy est empruntée de sadomasochisme et d'un appel à l'aide. ///// L'univers étrange devient oppressant si on le perturbe.


L’univers de Lynch, visuellement sublime.

Le réalisateur d’Eraserhead réalise un nouveau chef-d’œuvre dans sa photographie. Chaque image, chaque plan, a une signification particulière. L’auteur a ce talent de filmer ses acteurs dans leur élégance, comme le simple objet de décor (ici, en particulier l’oreille coupée ou les roses dans le générique d’ouverture), pour faire une œuvre d’art, une peinture, grâce à une précision magnifique.
Si l’onirisme animerait en partie cette supposée fable, la mise en scène et la noirceur en font un thriller choc et oppressant. On repense aux scènes dans le placard de la chambre de Dorothy qui sont de purs moments de tension aux aguets de l’horreur inondant la salle. Notons aussi un grand jeu dans les couleurs dont le bleu et le rouge sont dominantes dans le film ajoutant une nouvelle touche de beauté dans ce noir tableau. A titre personnel, je garde en mémoire l’appartement de Vallens et l’espèce de maison close, ces lieux dégagent une atmosphère qui nous mettent mal à l’aise, mais nous fascine.

La réalisation est parfaite si on ose le dire, le tout sublimée par le travail d’Angelo Badalamenti qui crée un univers sonore lugubre, mais aussi lyrique. Lynch a d’ailleurs l’audace de contraster les atmosphères entre les chansons des années 60 ("Blue Velvet", "In Dreams"…) et les compositions de son désormais fétiche compositeur.


La scène du cabaret, le jeu des couleurs est sublime, à l'image du titre du film. ///// J'adore ce plan, galerie de personnages bizarres.

Si Dennis Hopper est pour ainsi dire la star dans ce film (reconnu depuis ses interprétations de biker dans Easy Rider et du reporter fou dans Apocalypse Now ) en interprétant le mémorable et effrayant Frank Booth, sans doute l’un de mes psychopathes "préférés" du monde du cinéma, le reste du casting est loin d’être en reste. Isabella Rossellini est juste dans son interprétation d’une femme perdue dans un terrible chantage et un jeu sexuel tordu. Kyle MacLachlan est attachant et il remplit son contrat à merveille en tant qu’Alice moderne qui a pénétré dans un autre monde par l’orifice de l’oreille coupée…
Seule Laura Dern, à quelques années avant Sailor et Lula du même réalisateur, ou Jurrasic Park, se montre agaçante par sa naïveté et semble en faire trop, même si c’est justifiée par le film.
Le jeu des acteurs est très bon.




Film culte, si Blue Velvet apparaît au premier degré comme un simple policier aux images chocs bien que discutables, il n’en est rien. La découverte d’un monde tordu sous une ville trop propre pour être vraie captivera le spectateur en suivant l’enquête de Jeffrey. Si on pardonne quelques longueurs et une fin trop simple à en être dérangeante, l’œuvre de Lynch est un grand film que ce soit sur le plan technique que de l’ambiance. Film qui servira de modèle d'inspiration pour le célèbre Twin Peaks du même réalisateur qui inspirera d’autres grands noms comme le génial American Beauty de Sam Mendes ou la série Desperate Housewives.

Blue Velvet nous met mal à l’aise, mais ce même malaise réussit à nous captiver et c'est notre curiosité qui nous fera suivre jusqu’au bout cette enquête dans un monde pervers. C’est la force de ce film à l’image de l’épopée du personnage principal.



Dernière édition par Weldar le Sam 12 Jan - 21:04, édité 2 fois
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Drake
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MessageSujet: Re: Blue Velvet   Sam 29 Sep - 19:37

J'ai vu ce film alors que je devais avoir style 12 ans, et ouais la scène de viol m'avait marqué, avec le "Bébé veut rentrer à la maison"... glauque. Du coup beeen, faudrait que je le revoie maintenant, parce que j'en ai plus aucun souvenir à part ça, et je sais pas vraiment ce qu'il vaut finalement.

Bon article sinon, je dois dire que je suis pas plus cinéphile que ça et en général je réfléchis très rarement aux profondes significations et aux sous-entendus des metteurs en scène, du coup je commente pas souvent les reviews de film. Mais bon en tout cas c'est très bien écrit et bien explicatif, bravo Weldar !
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Saturnome
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MessageSujet: Re: Blue Velvet   Sam 29 Sep - 23:26

Attention, les images ont le mauvais ratio.

Chouette texte. Des phrases un peu étranges ici et là. Comme les phrases où on parle du "spectateur", pourquoi pas dire "je" plutôt?
(J'aimerais VRAIMENT avoir quelque chose d'autre à dire, mais Blue Velvet est un film que j'ai vu une fois et auquel je n'ai jamais particulièrement repensé depuis, complètement atrophié par Mulholland Dr que j'avais vu presque en même temps)
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Weldar
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MessageSujet: Re: Blue Velvet   Dim 30 Sep - 0:35

Oui, les images avaient des dimensions différentes. J'ai essayé tant bien que mal de bien les redimensionner pour ma review, mais je pense que ça passe moyennement. Vous me dites si ça choque vraiment. (je pense plus à la photo avec Laura Dern)

Quand tu parles du spectateur, c'était par rapport à Jeffrey en spectateur passif dans le placard?
A mon actif, j'ai vu peu de Lynch, mais ce film m'a bien plu pour son univers, son histoire peut-être simple mais remplie d'énigmes.


Drake =>
C'est vrai que j'ai insisté sur les sous-entendus dans ce film, si je restais dans une simple description, le film paraîtrait plus anodin au premier abord. Cela dit, l'atmosphère du film joue beaucoup.


Merci pour vos commentaires. moai1
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Saturnome
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MessageSujet: Re: Blue Velvet   Dim 30 Sep - 3:41

Bah perso je trouve ça un peu horrible. Je sais pas si c'est nécessaire à ce point de suivre le format deux screens un à côté de l'autre qu'on voit souvent ici, mais quand un film est dans un format d'origine aussi large, c'est peut-être mieux de juste mettre une image.

parce que





Un des deux ne me fait pas exploser les yeux. Non seulement l'image est écrasée mais coupée, c'est pas l'idéal pour servir sa fonction en tant qu'image de représenter le film.

Et non je parlais des autres instances où tu parles d'un spectateur théorique qui regarde le film, je trouve ça un peu bizarre. Ton texte cherche un peu trop à être académique peut-être, enfin je sais pas...
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MessageSujet: Re: Blue Velvet   Dim 30 Sep - 6:59

Perso, j'avais matté Blue Velvet et d'autres Lynch y a genre 2/3 ans, et j'en avais tiré la conclusion que c'était pas mon truc. J'avais juste rien à dire sur les films après les avoir visionnés, y a que Eraserhead et The Elephant Man qui m'ont plu. Pourtant j'aime beaucoup le surréalisme en général... Faudrait peut-être que je les re-regarde.

Mais Weldar, je comprends pas pourquoi tu colles deux images dans chaque review. CODY FUCKING TRAVERS Ça sert à rien et ça t'empêche de changer des trucs par après, c'est ultra pas pratique quoi.
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MessageSujet: Re: Blue Velvet   Dim 30 Sep - 13:35

Saturne )>
Ce qui te gêne, c'est que je parle de temps en temps en tant que spectateur théorique qui interpréterait le film d'une certaine façon?
Disons que c'était une façon pour moi, de montrer le film sous deux sens, le premier qui est celui d'un policier plutôt classique, bien que l'atmosphère surréaliste ne l'est pas vraiment. L'autre sens, c'est un film qui comporte de nombreux sous-entendus laissés par l'auteur.

C'était aussi une façon pour moi de poser le pour et le contre, histoire de faire un peu la critique. Peut-être que j'en faisais un peu trop ceci dit...


En tout cas, une chose est sûre, je referais les images dans la journée. C'est vrai que je m'entête à toujours présenter les images sous ce procédé.


Iwant )>
The Elephant Man, même si je l'ai beaucoup aimé, il fait plus classique dans le sens que c'est plus réaliste et moins "délirant", bien que l'ambiance restait lugubre. Eraserhead était vachement glauque cependant. Aussi, on le considère comme un film d'horreur.
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MessageSujet: Re: Blue Velvet   Dim 30 Sep - 17:10

Iwant a écrit:
Pourtant j'aime beaucoup le surréalisme en général...

On colle l'étiquette surréaliste à Lynch beaucoup trop facilement. Il l'est parfois (Eraserhead, ses pubs de Playstation), autrement c'est soit de l'avant-gardisme, soit de la juxtaposition (banlieue idyllique/scènes inquiétantes) et un intérêt pour l'inhabituel, développements narratif ambigus, ou tout simplement rien de tout ça, juste du drame.
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MessageSujet: Re: Blue Velvet   Dim 30 Sep - 17:34

Du coup, Blue Velvet serait considéré comme de la juxtaposition?
J'ai parlé de surréalisme, même si le terme est peut-être fourre tout. Reste que le film comportait en effet des éléments étranges et inhabituels dans un monde qui apparaissait comme normal.
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MessageSujet: Re: Blue Velvet   Dim 30 Sep - 18:24

Saturnome a écrit:
Iwant a écrit:
Pourtant j'aime beaucoup le surréalisme en général...

On colle l'étiquette surréaliste à Lynch beaucoup trop facilement. Il l'est parfois (Eraserhead, ses pubs de Playstation), autrement c'est soit de l'avant-gardisme, soit de la juxtaposition (banlieue idyllique/scènes inquiétantes) et un intérêt pour l'inhabituel, développements narratif ambigus, ou tout simplement rien de tout ça, juste du drame.

J'entends par "surréalisme" non pas le courant historique (Bunuel & co pour le Cinéma) mais plus largement toute forme d'expression artistique qui tend à laisser le public dans l'incompréhension, notamment par le biais de juxtapositions sans sens apparent et de contextes où la logique a peu prise. C'est un peu large comme définition, c'est vrai, mais elle permet d'adresser un large panel d’œuvres mêmes si elles peuvent être fortement différentes entre elles. Après, c'est clair qu'Eraserhead est incontestablement son film le "plus" surréaliste, mais on en trouve quand même pas mal d'éléments dans ses autres films je trouve.
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Saturnome
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MessageSujet: Re: Blue Velvet   Lun 1 Oct - 0:07

Le surréalisme est supposé émaner du subconscient, c'est différent que de faire des contrastes d'éléments comme Blue Velvet ou que de faire un peu de freudisme. Ta définition pourrait comprendre à peu près n'importe quoi d'expérimental et je trouve ça un peu problématique.
Enfin bon c'est une question de définition personnelle, point de vue, tout ça, c'est de l'art alors nul ne sait de quoi il parle. On pourrait présenter Mulholland Dr comme un exemple de surréalisme ou pas du tout, c'est flou et propice à de très longs débats, et je ne saurais pas où me situer sur la question. Le film ne l'est certainement pas dans le sens traditionnel qu'on imagine, si il y a un surréalisme ce serait dans le montage, enfin c'est un film très novateur (et génial). Et je suis sûr que quelqu'un pourrait me faire une analyse convaincante du surréalisme dans les documentaires de Bunuel.

Enfin il reste que pour moi, Lynch a le terme surréaliste tellement collé à la peau, ça devient une porte de sortie facile pour parler de ses films peut-être. Il est intéressant d'approcher ses films en s'enlevant cette idée préconçue de la tête.
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Haganeren
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MessageSujet: Re: Blue Velvet   Dim 14 Oct - 13:59

Weldar trouve toujours des films qui pourrait potentiellement m'intéresser. Si c'est un fanboy de Castlevania, je pense qu'on a à peu près les mêmes goüts cinématographique... Du coup ouais, ce film a l'air cool, surtout le coté "univers derrière l'univers" et bien sûr le surréalisme qui, quelque soit sa définition m'intéresse toujours. (Plus c'est réaliste moins j'aime en général)

Par contre Weldar a toujours ce grand défaut de nous raconter ses scènes favorites dans ses reviews (je pense à Dr.StrangeLove) ce qui fait qu'on a l'impression d'en avoir déjà vu une (trop) grande partie. Le paragraphe de : "Heineken? FUCK THAT SHIT ! Pabst Blue Ribbon !!” , notamment est remplis de passage et de scène que j'aurais largement préféré voir en film, genre le viol. (Ça a au moins l'intérêt de rappeler au souvenir les grandes scènes à ceux qui l'on vu genre Drake... Mais je suis pas sûr que ce soit le but recherché)

C'est dommage car on retrouve bien ton style en plus "serious business" pour un thriller qui se l'annonce tout autant. (On aime bien le thème du voyeurisme sur ACK... moai1 ) Tu dois être celui qui m'a fait le plus apprécié le format "double image" grâce à tes doubles commentaires même si effectivement ça fait assez curieux dans ce cas particulier.

Bref, malgré tout ça, il s'agit d'un très bon article cher Weldou!

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Weldar
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MessageSujet: Re: Blue Velvet   Dim 14 Oct - 15:29

Je suis tout à fait d'accord avec toi Haga, et je suis le premier à me jeter la pierre, mais j'aurais du mal à me détacher de cette envie de présenter ou analyser certains aspects du film (accessoirement, de parler de ces fameuses séquences de film) qui me paraissent essentiels pour décrire toute la force du film.

Malheureusement, comme mes reviews ciné comportent un caractère "analyse" (sans être prétentieux), il y a de forte chance que le spoil soit là, donc c'est à vos risques et périls. Néanmoins, je ne dis pas encore quand ça se déroule, donc tu te demanderas quand il y aura.
moai1
J'espère que tu as la mémoire courte et que t'oublieras alors ces détails d'ici ton visionnage.

Je dois avoir les même goûts que toi, et je suis aussi peu attiré par un film trop réaliste (cela dépend du contexte ensuite). Blue Velvet a ce côté étrange avec une large galerie de personnages haut en couleurs que j'aime beaucoup.

En lisant ton commentaire, ça me fait penser que je dois corriger certaines images. Avec le recul, je trouve que seul trois photos au max sont vraiment étirées, le reste ça passe.

Merci du commentaire cher Hagadou.
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